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-"Les envoyés de la colère de Dieu, tu as bien entendu la même chose que moi ?" Je m'en serais bien passé de ça à vrai dire, mais c'est bien ce qu'elle avait dit.
-Mais ça ne veut pas dire grand chose, je veux dire pas dans les circonstances actuelles, qu'est-ce qui prouve que cette femme, sûrement encore sous le choc d'avoir vu son mari mutilé, aie vraiment vu je ne sais quelle entité destructrice physiquement, qu'est-ce qui prouve qu'il ne s'agisse pas d'un groupe d'alcooliques fous ?
-Rien, absolument rien"
Sur le coup j'ai eu l'impression qu'elle se sentait comme en erreur, je veux bien croire en ce genre de choses, mais je préfère ne rien savoir pour l'instant, comme garder la surprise pour plus tard. "Et Yohann ? On lui dit où on va ?
-Non, inutile, à mon avis il doit déjà être en haut d'une tour à nous observer, on devrait plutôt y aller, après tout tu as bien dit à cette femme que tu l'aiderais, non ?
-Oui, pas bête... alons-y", répondit-elle doucement en touchant ses deux index.
Notre marche vers la bonne mère s'annonça longue, elle était sur une colline plutôt pentue et le seul moyen de marcher sans glisser était de suivre une vieille route goudronnée crevassée, tout ce que nous espérions était que quelque-chose passe par là pour qu'on puisse s'y accrocher, ça nous économiserait facilement une demie heure de marche. Au bout d'une dizaine de minutes après que je me sois dit ça, une une bétaillère passa par là dans un vieux bruit de moteur sur-cadencé, malheureusement pour nous avant qu'il ne nous passe devant il prit la première à gauche et quitta notre chemin, le temps qui était déjà long sembla ralentir de plus belle.
On ne savait plus quelle heure il était, ni combien de temps nous avions marché, d'après le son de cloche on avait du gravir la colline une bonne demie heure. Oui, un son de cloche, nous étions bien arrivés à la basilique, un immense bâtiment à peine endommagé par la guerre, et déjà le premier cadavre -enfin ce qu'il en restait, fit son apparition, juste devant un escalier, en tant qu'avertissement à quiconque passerait par là. Notre premier réflexe fut de nous mettre à couvert et trouver une entrée dissimulée, heureusement il-y avait une entrée pas très loin, pas dissimulée mais au-moins elle avait le mérite d'être moins visible que le grand escalier. La salle dans laquelle nous étions semblait être une sorte d'entrepôt, destiné à quel but, je n'en sais rien, et je n'avais pas envie de savoir qu'il puisse s'agir d'autre-chose que du garde manger de la cantine, alors nous quittâmes l'endroit et prîmes un escalier qui nous mena là où nous aurait mené le grand escalier extérieur. C'était une grande terrasse au sol blanc, depuis les bords nous pouvions voir la ville, grise, sale, et la mer, bleue nuit avec des teintes du bleu plus clair à l'orangé sur les berges. "C'est là qu'on s'aperçoit que c'est grand et moche
-Chuis pas d'accord, chaton, elle est pas moche, elle a juste son charme, pour ainsi dire ; la mer est plutôt belle, les montagnes...
-Les montagnes sont à nu." répliqua-t-elle. C'est vrai, il n'y avait plus de verdure, ou très peu, plus que de la roche sur ces montagnes, tout comme la ville, plus que de petites maisons, presque pas de grands bâtiments, au mieux deux immeubles et les ruines d'un building formant un monticule d'acier et de béton. En regardant vers le bas, je vis qu'un petit groupe de gens montait la colline vers nous, sans réfléchir je me suis retourné en saisissant le bras d'Anabelle puis nous sommes entrés nous mettre en sûreté.
D'après une plaque de marbre nous étions dans l'église, la partie centrale de la basilique. A notre droite il-y avait une petite pièce où l'on distinguait des cierges allumés, de l'autre côté un piédestal sur lequel était posé une statue d'homme couché sur le dos, les mains en croix sur la poitrine, mais il ne s'agissait pas du Christ, en fait aucune représentation de lui n'était présente, juste différentes personnes et une femme, mais pas la sainte vierge, la seule image qui persistait d'elle et du Christ était sur le dernier vitrail en place, vestige de l'avant-guerre, les autres vitraux ayant été remplacés par de simples vitres tintées rouges. A mesure qu'on avançait dans la nef et que nous observions, la même question revenait : qui étaient ces personnes ? Cette femme, ces hommes ? "D'après toi, c'est qui tout ces gens ?
-Pas qui sont-ils, mais qui étaient-ils ?
-Ana, ça ne m'avance pas trop sur la question.
-Ca a tout simplement l'air de gens sacrifiés dans un but précis, pour être gardés en mémoire ou simplement pour orner.
-Sacrifiés ? Je veux dire..." en avançant un poignard juste dégainé dans une des statues, je vis que la pierre se fendit, craquelait, et que le couteau s'enfonçait comme dans du beurre, plutôt comme dans un roti de porc, "seigneur...
-Ca ne me serait même pas venu à l'esprit, pétrifier des gens et les exposer ici, ça... je sais pas, j'aurais même pas pu penser qu'un truc aussi tordu puisse être imaginé par l'être humain.
-C'était pas toi qui parlait de démons ? Anabelle, surtout fais très attention, je n'ai pas envie que tu finisses comme elle", dis-je en la serrant contre moi tout en pointant la femme pétrifiée. En-y regardant de plus près, on pouvait voir une rangée de traces autour de la tête et une autre le long du cou, "Une vierge torturée avant d'être vidée de son sang, pourtant c'est la seule à avoir ces marques, tous les autres semblent être morts de façons différentes, même celui à l'entrée, j'ai pas vu de traces sur son corps mais mon attention pas encore été attirée par ça, par contre je suis sûr qu'il a du être...
-Par contre je suis sûr qu'on va finir comme eux dans pas longtemps si on met pas les voiles." Des bruits de pas approchaient vers nous, tout ce qui nous restait à faire c'était fuir, sans lâcher le bras d'Anabelle.
Planqués derrière l'autel, en sécurité pour quelques secondes, adossés à notre abri, surveillant les bruits de pas lents et lourds de nos assaillants invisibles. Je fis signe à Anabelle de sortir de quoi nous sortir de là, une sorte d'ampoule de la taille du poing remplie d'un liquide bleu translucide, une sorte de grenade composée d'un mélange d'éther et de gaz anesthésique donnant l'effet d'un coup de pelle derrière la tête dans un rayon de cinq mètres, notre salut en quelque sorte. Remontant mutuellement nos écharpes sur le nez en protection contre notre propre arme, elle commença un décompte de trois secondes, juste le temps de charger un flingue, puis elle lança l'ampoule par-dessus l'autel avant de nous lever une fois l'ampoule explosée. Un groupe de six personnes était devant nous, dans un état d'abord second, puis léthargique en l'espace de quelques secondes, la menace était passée. Un petit coup d'oeil dans les environs avant de sortir de notre abris puis nous nous approchâmes des corps, notre premier réflexe fut d'abord de les déplacer pour les camoufler, la petite salle où brûlaient les cierges nous semblait être un bon choix, pour peu que l'air soit un peu chargé ils pourront rester une bonne heure avant de sortir de leur état. Chacun prenait une personne et la traînait jusqu'à la porte de la petite salle, laquelle je n'eus point de difficulté à ouvrir, avant de les "mettre à l'abri".
-A mon avis on devrait pouvoir récupérer leurs vêtements, qu'en dis-tu ? demandais-je
-C'est vraiment plus moche que nos uniformes
-Ils sont bien nos uniformes, de quoi te plains-tu ?
-Oui justement, mais les leurs ils se sont laissés aller sur le design, et en plus... Seigneur ils n'ont donc pas de douches dans cet endroit ?
-Et bien il faut croire que...
-Non franchement je mets pas ce truc si je risque de sentir le mort et d'avoir des puces, poux et autres parasites qui me refileront leurs maladies, qui sait si...
-On sent le mort ou on l'est, je crois qu'on ne peut pas faire plus simple, non ?"
Elle grogna un peu sur le coup puis elle mit la tunique de la seule femme du groupe, pendant que je prenais celle d'un homme, la moins moche et surtout celle qui avait l'air la plus propre, alors qu'Anabelle continuait de grogner sur les conditions d'hygiène dans ces lieux, "nan mais franchement c'est pas dur, on a des canalisations, ils ont au-moins pu installer ça, ça fait plaisir à leur chef d'avoir une couche de crasse épaisse comme un doigt sur la couenne ?". Une fois vêtus, nous sortâmes en fermant la porte, notre investigation devait continuer.
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Ah, et joyeux noël =3
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