Je sentais comme un vent froid, bruyant, puis rien. Une voix, un son, une personne... Le vent. Encore ce vent, toujours aussi bruyant et violent. La terre se met à trembler, elle palpite.
La lumière réapparut, doucement, et lentement ce qui m'entourait apparut. La pièce dans laquelle je semblais se dessinait peu à peu, éclairée par une sorte de meurtrière pratiquée à même la colline pour permettre d'aérer la pièce où je me trouvais. Je ne l'avais pas encore remarqué, mais personne ne m'a réveillé, personne n'est venu, personne, pas même Anabelle, elle avait disparu. Elle n'était pas avec moi, dans la petite pièce, ni dans les escaliers que j'apercevais à travers une porte entrebaillée.
Petit à petit, tout me revint en tête, à l'exception de mon délire, je connaissais encore le lieu et la raison de ma présence ici, il me fallait continuer, mais avant il me fallait réfléchir, élaborer un plan. Je m'assis dans un coin de la pièce, dos au mur, puis je sortis un paquet de tabac à rouler et des feuilles que je ne fume généralement pas mais que je garde toujours au cas où, ça fait toujours partie du paquetage, la cigarette du condamné comme on dit, en ce qui me concerne c'est ce qui m'a permis de me sortir de plusieurs situations en gardant l'esprit clair. Après l'avoir roulée du mieux possible, je pris un briquet, compris lui aussi dans ce paquetage, puis j'ai allumé ma cigarette que je me mis à fumer peu à peu, dans mon coin, dos au mur.
J'étais donc au creux de la colline, dans les escaliers où je suis descendu avec Anabelle, le même escalier donc dans lequel je suis tombé dans le coma. D'après ce dont je me souviens, nous étions plus profondément enfoncés que je le suis actuellement lorsque j'ai perdu conscience. En respirant à nouveau ma cigarette je déduisis qu'elle avait résisté, qu'elle était restée consciente et m'avait mené ici, en sûreté. Statistiquement donc je n'ai pas du rester ici bien longtemps, autrement je serais peut-être pas en train de rapporter ce qui se passe. En respirant en crachant à nouveau ma fumée je déduisis donc, un peu vivement peut-être, qu'il s'agissait de l'air ambiant, quelque-chose dans l'air en bas des escaliers m'a fait tomber dans cet état.
Il me fallait aller plus bas, disons quelques mètres tout au plus en espérant pouvoir trouver quelque-chose d'intéressant sans tomber encore dans les vapes ni faire de mauvaises rencontre, et même si je suis déguisé il se peut que je ne sois pas reconnu et ni l'endroit ni mon état ne me permettent de me battre. Une fois la cigarette consumée, je la jetai dans la fente pratiquée à travers la colline, puis je me remis à avancer dans le couloir éclairé par les meurtrières et de vieux néons quand la lumière naturelle ne parvenait à éclairer correctement, pas à pas, observant les murs et écoutant les bruits, l'écharpe sur visage jusqu'au nez pour retenir les émanations éventuelles et éviter de trop vite me retrouver inconscient. Au bout de cinq bonnes minutes de marche lente, très lente même, à vérifier chaque fissure dans un mur, chaque brique mal encastrée jusqu'aux déplacements de la poussière, il-y avait une porte entre-ouverte donnant vers l'intérieur même de la colline. Il me fallait-y pénétrer, c'était en fait la seule issue à ma disposition, et Anabelle, qui doit avoir compris l'idée, devrait avoir passé cette porte comme je m'apprête à le faire.
Une chose m'intrigue cependant : comment ai-je pu passer devant cette porte sans l'avoir remarquée à l'allée ? Peut-être l'ai-je simplement oubliée, ce genre de choses peut arriver quand on se cogne la tête contre une porte de placard. Qu'importe, je dois y aller.
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Je me suis fait attendre pour ce coup là, désolé, je vais commencer à bosser la suite ;)
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